L’Institut national du patrimoine mène une politique de recherche structurée et ouverte, inscrite dans une démarche pluridisciplinaire. Il constitue un pôle de recherche appliquée de référence dans le domaine du patrimoine, en sciences expérimentales comme en sciences humaines et sociales, notamment en histoire, en droit, en gestion publique, en histoire de l’art, en économie, en sociologie, en pédagogie, et en sciences politiques : l’objet mixte qu’est le patrimoine appelle un regard croisé de ces différentes disciplines. Les travaux scientifiques conduits par l’établissement répondent à une double exigence : approfondir la connaissance du patrimoine et soutenir l’innovation dans les pratiques de conservation, de restauration et de transmission.
L’activité scientifique de l’INP en sciences humaines et sociales s’organise autour de cinq axes de recherche complémentaires. Chacun d’eux contribue à approfondir et à enrichir la réflexion sur la transmission du patrimoine et à soutenir les pratiques professionnelles dans un cadre national et international :
- Histoire des acteurs du patrimoine, du corps des conservateurs et des institutions patrimoniales,
Cet axe vise à analyser la genèse et l’évolution des professions et des institutions qui structurent le champ patrimonial. Il s’attache à retracer l’histoire du corps des conservateurs et à éclairer les trajectoires de celles et ceux qui ont façonné la politique patrimoniale française. Il s’intéresse également aux institutions patrimoniales – musées, bibliothèques, archives, monuments – afin de mieux comprendre leur rôle dans la construction des savoirs, dans la gestion des collections et dans la définition des missions de service public liées au patrimoine.
- Pédagogie de la restauration et histoire des techniques, de la philosophie et de l’esthétique de la restauration ;
Cet axe explore la transmission des savoir-faire liés à la conservation-restauration, en s’appuyant sur une approche pédagogique et historique. Il étudie l’évolution des techniques et des méthodes employées par les restaurateurs, ainsi que les débats philosophiques et esthétiques qui ont accompagné cette évolution. Les recherches menées dans ce cadre interrogent la place de la formation, la circulation des modèles et l’impact des innovations scientifiques et technologiques sur les pratiques professionnelles.
- Histoire et anthropologie des œuvres et des collections ;
Les travaux regroupés dans cet axe visent à approfondir la compréhension des œuvres et des collections, depuis leur création jusqu’à leur inscription dans les institutions patrimoniales. Ils mobilisent des approches historiques et anthropologiques pour étudier les usages, les circulations, les réceptions et les valeurs attribuées aux objets. Cette perspective met en lumière la diversité des contextes culturels et sociaux du patrimoine, et contribue à enrichir l’interprétation des collections au bénéfice des professionnels comme du public.
- Politiques publiques et coopérations internationales dans le domaine du patrimoine ;
Cet axe examine la manière dont les politiques publiques, nationale et internationales, orientent la protection, la gestion et la valorisation du patrimoine. Il analyse les dispositifs législatifs et réglementaires, les stratégies institutionnelles ainsi que les formes de coopération mises en œuvre entre Etats, organisations internationales et acteurs locaux. Les recherches portent aussi sur le rôle du patrimoine dans la diplomatie culturelle et le dialogue interculturel.
Développement de méthodes et d’outils au service des professionnels du patrimoine ;
Cet axe a pour objectif de concevoir, tester et diffuser des méthodes et des outils pratiques à destination des conservateurs, des restaurateurs et autres professionnels du patrimoine. Les recherches s’inscrivent dans une démarche d’innovation et d’expérimentation, intégrant notamment les apports des sciences et des technologies numériques. Elles visent à améliorer la documentation, la conservation, la gestion et la valorisation des collections, tout en facilitant la coopération entre établissements patrimoniaux et en favorisant l’accès du public aux connaissances produites.L’ensemble de ces axes de recherche s’inscrit dans une dynamique de collaboration avec les universités, les laboratoires de recherche, les musées, les archives et les bibliothèques, mais aussi avec des partenaires internationaux. Par cette politique scientifique, l’INP affirme son rôle de référent au service de la connaissance et de la transmission du patrimoine culturel.