NetLaPaTex : un projet de recherche sur le nettoyage au laser des textiles patrimoniaux
Le nettoyage est l’une des problématiques les plus fréquentes dans le domaine de la conservation-restauration. En raison de la diversité et des spécificités des objets patrimoniaux, les professionnels de la conservation, les restaurateurs et les scientifiques collaborent étroitement en vue de développer de nouvelles approches susceptibles de répondre aux besoins propres à chaque matériau. Dans le cas des textiles anciens et/ou fragiles, les traitements aqueux, l’utilisation de solvants organiques et les interventions mécaniques – y compris via les outils les plus doux – présentent des limites bien identifiées (gonflement, rupture des fibres ou perte de matière). De plus, les structures tissées présentent des surfaces particulièrement propices au dépôt d’impuretés, ce qui rend difficile un nettoyage satisfaisant par des méthodes traditionnelles sans risque de dégradation.
Le nettoyage laser fait partie des techniques novatrices prometteuses. Il tend à se démocratiser dans certains domaines du patrimoine, en particulier les monuments historiques, la sculpture et la peinture. Pourtant, malgré son intérêt théorique du fait de son mode d’action sans contact, ciblé, progressif et homogène (même pour des surfaces tridimensionnelles), il reste encore peu utilisé pour le traitement d’objets organiques sensibles. Bien qu’il existe quelques exemples convaincants d’applications, les matériaux organiques – en particulier les textiles – constituent un domaine du nettoyage au laser peu traité jusqu’à présent et la compréhension de ses effets sur différents matériaux fibreux reste encore lacunaire.
C’est pourquoi le laboratoire de l’Institut national du patrimoine (INP) représenté par Sandie Le Conte et Chloé Ranchoux, le Laboratoire de recherche des monuments historiques (LRMH) représenté par Mohamed Dallel, et le Centre de recherche et de restauration des musées de France (C2RMF) représenté par Stéphanie Courtier, ont monté le projet NetLaPaTex. Dans le cadre de ce projet soutenu par la Fondation des sciences du patrimoine (FSP), Margot Dubost, conservatrice-restauratrice spécialisée en textiles, est recrutée à mi-temps pendant deux ans afin de mener à bien les travaux de recherche.
Ce projet fait suite au projet Lapatex, mené entre 2022 et 2024 sur le nettoyage des textiles patrimoniaux en bain. Le projet NetLaPaTex a quant à lui pour objectif d’améliorer la compréhension des interactions entre le rayonnement laser et les matériaux textiles encrassés, en réalisant une étude systématique sur la réussite et l’impact du traitement laser sur les textiles patrimoniaux à court et moyen terme.
Les tests sont réalisés sur des éprouvettes d’armures toiles, de trois types de fibres (coton, soie et nylon), propres et salies à l’aide d’une crasse artificielle puis soumises en enceinte à des conditions de vieillissement (température, humidité et lumière). Différents lasers sont testés, en particulier des lasers Nd:YAG à plusieurs harmoniques et durées d’impulsion. Les éprouvettes sont étudiées au moyen de différentes techniques telles que la microscopie optique, la microscopie électronique à balayage couplée à de la spectroscopie de rayons X à dispersion d’énergie, la spectrocolorimétrie, à quoi il faut ajouter des tests mécaniques.
Ces recherches sont appelées à nourrir des publications scientifiques nationales et internationales ainsi que la formation de professionnels de la conservation textile.
Margot DUBOST
conservatrice-restauratrice du patrimoine textile, responsable du projet NetLaPaTex
Membres et institutions participantes
Coordination
Margot Dubost, conservatrice-restauratrice spécialisée en textiles