Cette étude porte sur les peintures rupestres de l’église Qorqor Maryam, située dans la région du Tigré, au nord de l’Ethiopie.
Présentation du projet
Possiblement datées du XIIe siècle, elles sont parmi les peintures murales les plus anciennes conservées en Ethiopie en l’état actuel de nos connaissances. Peintes à même le grès dans lequel l’église a été creusée (grès d’Addigrat), elles représentent un cas unique en Ethiopie.
Initié en 2009, ce projet a déjà permis de caractériser les matériaux utilisés pour les peintures. Ces résultats ont été présentés au colloque international d’archéologie panafricaine à Johannesburg, Afrique du Sud en 2013. Il s’agit de matériaux minéraux (oxydes de fer rouge et jaunes, terre verte) et organique (noir de carbone), posés avec un médium très fluide dont il ne reste plus trace.
Une étude préliminaire des dégradations a également été menée, mais nécessite d’être approfondie.
L’état de conservation des peintures est préoccupant. En effet, le grès sur lequel elles sont posées est dans un état de dégradation qu’il va falloir caractériser précisément, afin de déterminer notamment sa vitesse de délamination. Il se clive en couche de quelques millimètres d’épaisseur, entraînant la peinture avec lui. La présence de sels en surface et sub-surface peut être un indicateur de dégradation, de même que l’humidité intrinsèque de la roche.
Une étude climatique sur plusieurs mois, notamment avec la jonction entre la saison sèche et la saison humide doit également être menée.
Une première mission d’évaluation de l’état de la roche et des peintures, ainsi qu’un relevé photogrammétrique de l’église a eu lieu en janvier 2016.
Une deuxième mission, permettant de finaliser le relevé 3D ainsi que l’étude conservatoire et géologique est prévue pour le mois d’avril 2018.
A terme, cette étude de caractérisation géologique et picturale devra permettre la mise en œuvre d’un protocole de restauration adapté à la configuration si particulière de cet ensemble pictural et architectural.
Membres et institutions participantes
- Laboratoire de l’Institut national du patrimoine
- Institut des Mondes Africains
- Laboratoire de Recherche des Monuments Historiques,
avec J.-D. Mertz - Laboratoire de Modélisations pour l’Assistance à l’Activité Cognitive de la Conception,
avec F. Guéna et A. Fabijanec - Centre Français des Etudes Éthiopiennes
Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Conservation-restauration des biens culturels,
avec D. Morana-Burlot
FINANCEMENTS
- Espace collaboratif « couleurs : création et perception, utilisation et réception » dans le cadre du projet Mutation et Défis Africains de la ComUE-HéSam (2014-2016)
- Micro-projet LabEx CAP : Un système d’information pour la conservation-restauration d’un patrimoine en danger: les églises rupestres éthiopiennes (2018-2019)
- Projet Paris 1 : L’art rupestre éthiopien entre paganisme et christianisme (2018-2019)
- Bourse de mobilité de la Fondation des Sciences du patrimoine (2017-2018)
Coordination
Sigrid Mirabaud, physico-chimiste, responsable du laboratoire de l'INP, IR MCC,
Claire Bosc-Tiessé, historienne de l’art, CR CNRS, IMAF