Le projet ANR ArchArch étudie les traces matérielles et immatérielles produites par l’activité archéologique. À partir des sites de Volubilis et Koumbi Saleh, il explore les archives de l’archéologie, leur conservation et leur valorisation.
Présentation du projet
Le projet ArchArch – « L’archéologie après l’archéologie » s’intéresse aux traces matérielles et immatérielles produites par l’activité archéologique elle-même.
L’archéologie, en étudiant les vestiges des sociétés du passé, produit à son tour de nouveaux objets, documents et traces : collections, archives, infrastructures, sites, mais aussi mémoires savantes et non savantes. Ces « vestiges de l’archéologie » constituent un objet d’étude à part entière.
En croisant les approches de l’histoire, de l’anthropologie des savoirs, du droit et de l’archéologie réflexive, le projet cherche à comprendre ce que l’activité archéologique produit sur les territoires, les sociétés et les populations, mais aussi sur l’archéologie et les archéologues eux-mêmes.
La recherche s’appuie sur deux sites archéologiques situés dans des pays musulmans anciennement colonisés par la France : Volubilis au Maroc et Koumbi Saleh en Mauritanie. Ces deux sites, étudiés dans des contextes coloniaux, nationaux et de coopération internationale, offrent des situations contrastées et un important ensemble de sources : archives, mobilier archéologique, textes juridiques, données ethnographiques et sources orales.
Le projet comporte trois volets complémentaires : développer une réflexion sur les « vestiges de l’archéologie », étudier ces vestiges à partir des deux sites et expérimenter une chaîne opératoire complète de traitement des archives de l’archéologie, depuis leur prise en charge archivistique jusqu’à leur diffusion dans le domaine des humanités numériques.
Contribution de l’Inp
L’Inp réalise un état des fonds d’archives relatifs aux sites archéologiques de Volubilis et de Koumbi Saleh conservés en France, au Maroc, en Mauritanie et au Sénégal.
En mai 2025, un chantier commun a également réuni sept élèves conservateurs de la promotion Rosa Bonheur, deux élèves restauratrices de deuxième année et une élève régisseuse de l’École du Louvre au Centre Camille Jullian, à Aix-en-Provence.
Ce travail, consacré initialement aux archives de Volubilis conservées au Centre Camille Jullian, a permis de reconstituer et de traiter le fonds du Service des Antiquités du Maroc rapporté en 1963 par Maurice Euzennat, couvrant la période 1918-1963.
Le fonds a été classé, dépoussiéré, reconditionné, notamment pour les photographies, cartes et plans, puis décrit dans un instrument de recherche. Ce travail doit faciliter l’accès des chercheurs à ces archives tout en améliorant leurs conditions de conservation.
Porteurs et partenaires
Clémentine Gutron, Centre Alexandre Koyré
Vincent Négri, Institut des Sciences sociales du Politique, UMR 7220
Baudouin Dupret, Centre de Recherche Français à Jérusalem
Séverine Blenner-Michel, Institut national du patrimoine
Le projet associe également plusieurs partenaires marocains : les Archives du Royaume du Maroc, la Direction du patrimoine culturel du ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication et la conservation du site archéologique de Volubilis.
Financement
Projet financé par l’Agence nationale de la recherche (ANR).