Financé par la Fondation des sciences du patrimoine, le projet NACCCRE (Nouvelles modAlités d’imagerie Croisées de Caractérisation de la nacre pour la Conservation-Restauration), en partenariat avec le laboratoire Équipes Traitement de l’Information et Systèmes (ETIS, ETIS UMR 8051, CY Cergy Paris Université, ENSEA, CNRS) et le musée de la nacre et de la tabletterie (Méru, Oise), a pour but la mise au point de techniques fiables, non-invasives et accessibles pour identifier l’origine biologique de la nacre en contexte patrimonial par l’étude de sa microstructure et par la quantification de la variabilité de sa coloration irisée.
En effet, la nacre est une substance minérale et organique qui tapisse l’intérieur de certains coquillages qui la biosynthétisent naturellement pour en revêtir la surface intérieure de leur coquille et parfois pour isoler un corps étranger (processus de fabrication des perles). Son aspect irisé en fait un matériau apprécié en tabletterie, marqueterie, pour la confection de bijoux et plus généralement dans la fabrication d’objets décoratifs. La nacre est ainsi un élément constitutif du patrimoine culturel muséal qu’il convient donc de documenter en l’identifiant de manière non-destructive.
Aujourd’hui, l’identification de la nacre dans le Patrimoine se limite à la différencier de manière générale aux matériaux synthétiques cherchant à en reproduire l'esthétique. Les experts de la nacre ont bien des critères visuels leur permettant d’identifier les grandes familles de coquillages nacriers, mais cette identification se complique sur des petites pièces d’incrustations. De plus, ces observations visuelles peuvent être impactées par les divers traitements souvent appliqués aux matériaux en nacre (polissage, application d’une couche de finition, teinture, etc.). Nous pouvons émettre l’hypothèse qu’une identification plus fine de l’origine de la nacre à l’aide de techniques non-invasives et accessibles aux restaurateurs pourrait permettre de mener une étude plus complète de l'œuvre et d’adapter au mieux les protocoles de restauration.
Ce projet a pour objectif la mise en place un protocole permettant une classification de l’origine biologique de la nacre patrimoniale par deux approches inexplorées. D’une part, par l’étude des caractéristiques microstructurales particulières par microscopes numériques, outils de plus en plus performants et accessibles. D’autre part, par la mise en place d’un protocole d’acquisition des patterns d’irisation générés par l’illumination contrôlée de pièces de nacre et les algorithmes de classification associés (supervisés et non supervisés) qui permettront d’extraire les caractéristiques les plus pertinentes pour les raccrocher aux propriétés constitutives et temporelle du matériau nacre provenant de différentes espèces. Une part centrale du travail sera d’établir les limites et complémentarités de ces méthodes.
Ce projet vise une recherche appliquée et applicable par des professionnels du patrimoine. Il a vocation à améliorer la connaissance de ce matériau en vue de la conservation-restauration d’objet présentant de la nacre.